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Au révélateur du COUD : Abdoulaye Saydou Sow, le berger du Temple

Au révélateur du COUD : Abdoulaye Saydou Sow, le berger du Temple

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by février 5, 2020 A la une, Politique

Du Ps à l’Apr, sans jamais trainer de casseroles, Abdoulaye Saydou Sow s’est fait un nom dans le milieu politique. En seconde zone durant le régime libéral qu’il a accompagné pendant les années de braise, c’est avec l’arrivée au pouvoir de Macky Sall que le responsable politique de Kaffrine a pris de la bouteille. Incontournable dans son patelin où il cumule les victoires électorales, son intelligence lui permet de laisser passer la vague quand la frustration envahit ses troupes. Propulsé à la tête de l’Ucad, le nouveau Dg a de la matière dans un secteur turbulent où la passion ne suffit pas. Laye Sow devra, avec la même dose de patience, imprimer sa marque dans ce haut lieu de savoir. Mais il faudra aussi au vice-président de la Fédération sénégalaise de football (FSF) autant d’énergie pour carburer sur des terrains différents. Tel un berger, Sow devra mener ses troupes au bon pâturage.

 

De ses humanités de la 6ème à la 3ème, entre 1983 et 1987, au lycée Babacar Cobar Ndao de Kaffrine, les promotionnaires retiennent l’image d’un jeune chétif et discret, à la voix cinglante et au sérieux affiché qui ne rechignait pas à la tâche pour figurer au tableau d’honneur.

C’est ce Lycée qui forgera les bases de son cursus qu’il retrouvera durant son parcours comme chargé de cours en français, jusqu’en 2002. Mais bien auparavant, le lycée Ahmadou Bamba de Diourbel l’accueillera pour ses études   secondaires couronnées du baccalauréat en 1991. Son bref passage à la faculté de Droit de l’Ucad fait remonter le flot des souvenirs du campus qu’il travaille, aujourd’hui, à asseoir dans l’Excellence.

Mais c’est réellement en 1994 qu’il intègre le système éducatif, imbu de la profession, comme s’il était prédestiné à la formation académique. Cet amoureux de la littérature sera ensuite reçu au concours de l’Ena à la fin de la décennie 2000 pour devenir Secrétaire d’administration, puis administrateur civil.

Entre 2003 et 2006, il fait ses armes dans le département stratégique dirigé à l’époque par Aliou Sow, à titre de Chef de cabinet du ministre de la Jeunesse et de l’Emploi. Puis conseiller technique à la Présidence, il abandonne ses devoirs à l’Ena pour les activités sportives, notamment celles de la Fédération sénégalaise de football.

Pur produit du mouvement Navétane, sa passion pour le sport a failli le perdre et même si c’est le désert côté performances et faits d’armes sur le rectangle vert, le président de l’Asc Kaffrine s’est toujours plu dans l’étoffe du manager, du dirigeant bénévole. Un profil de charme qui fera oublier qu’il a été piètre joueur, sans passé glorieux dans le football local, mais avec des succès cumulés dans l’organisation et la bonne gestion, allant jusqu’à occuper la direction de l’Odcav de Kaolack.

Sa ténacité, son engagement mais surtout son abnégation, face aux enjeux et défis, l’aideront à gravir les échelons pour devenir, depuis quelques années, un des piliers du football Sénégal. Sinon l’une de ses expertises avérées. En attestent, les batailles épiques que le délégué fédéral a gagné au niveau des instances internationales, lorsqu’il s’est agi de léser le Sénégal ou égratigner la crinière des Lions.

Une tête bien faite qui lui facilite les choses, de la présidence de la Ligue amateur de football à la vice-présidence de la Fédération sénégalaise de la même discipline, l’actif membre de la Caf n’a jamais lésiné avec les règles de gestion et sa frêle carapace trahit sa bonne maitrise des textes. Est-ce la raison qui explique son option de ne pas se libérer des charges fédérales ? En tout cas, malgré son calendrier administratif surbooké, il trouve toujours une mi-temps pour se donner à sa passion du ballon rond.

Abdoulaye Saydou Sow, 49 bougies, a bien de l’énergie à revendre. Le dirigeant politique, qui fait désormais la fierté de Kaffrine, a aussi des ambitions à asseoir et son « ami » Wilane ne perd rien pour attendre, car Laye Sow, comme l’appellent ses proches, a les yeux rivés sur l’écharpe de la commune. Patient et rusé comme un sioux, Sow se forge une carapace politique sans trop de bruit. Le mouvement des jeunes volontaires qui porte ses ambitions étend ses tentacules comme la centaine de cellules féminines de son patelin lui jure fidélité pour son appui dans la mise en place d’activités génératrices de revenus. Philanthrope ou stratège, l’ambitieux Kaffrinois n’hésitera pas à levé des emprunts bancaires pour financer sa base politique.

Ayant dans son escarcelle la jeunesse de Kaffrine et porteur des voix du mouvement associatif, Abdoulaye Sow n’a jamais opté pour le chantage ou la surenchère, le style policé de l’homme politique nuancé entre volontarisme et fidélité lui dicte une conduite sage et responsable. Celle de ne pas aller plus vite que la musique. « Je suis bâti au tour de principes, dont le premier est celui de la loyauté et le respect de la hiérarchie », confesse-t-il, pour atténuer la colère de ses partisans  qui ont toujours pensé qu’on le payait en monnaie de singe.

Loin de la querelle paternaliste des membres fondateurs de l’Apr, l’ancien militant du Pds ne trouve aucun complexe à avoir rejoint les rangs de l’Apr. C’est par conviction, mais aussi pour avoir été séduit par Macky Sall himself, qu’il a porté la tunique beige, épousant les idéaux de son mentor jusqu’à ravir la vedette à ses pairs de parti.

D’ailleurs, son apport salutaire pour les victoires électorales du camp présidentiel conforte son choix stratégique de soutenir le chef de l’Etat. Sous sa houlette et certainement avec l’apport de ses pairs de la mouvance présidentielle, il place Kaffrine, après Matam et Fatick, dans le vivier électoral qui a été décisif pour asseoir les victoires de Benno.

En 2017, lors des investitures pour les Législatives, ses ambitions cèdent à la réalité politique de la coalition. Le choix de mettre Abdoulaye Wilane du Ps en orbite n’atteindra pas sa fougue militante. Il en fut de même pour les nombreuses fois où ses espoirs ont été déçus. Mais tel un roc, ne pliant guère, Abdoulaye Sow savait que son heure allait sonner.

Le fils de Cheikh Sow, célèbre chef de quartier dans son patelin, trouvera de l’énergie et de l’amour auprès de sa moitié, Marie Ndao et leurs enfants, pour laisser passer la vague. Pour quelqu’un qui en a vu des vertes et des pas mures, durant sa jeunesse, marqué par les corvées familiales pour prêter main forte à sa maman, Laye Sow avait la carapace assez dure pour ne pas céder à la boulimie du pouvoir.

Le nouveau Dg du Coud ne troquera jamais sa patience d’écoute à la convoitise effrénée qui fait la marque de fabriques des hommes du pouvoir. C’est dans ces convictions loyales, franches et déterminées qu’il sera nommé à la tête de l’Université Cheikh Anta Diop pendant que le temple du savoir traverse des turbulences énormes. Son prédécesseur propulsé au niveau du département de tutelle, il a la noble mission de redorer le blason de Cheih Anta Diop.

Défi de gestionnaire, challenge politique, enjeux nationaux

Ses premiers coups de pioche sont révélateurs. En dehors du relookage de la structure et de la mise à norme, à plusieurs niveaux, c’est son style de management qui commence à faire tilt. Attentif, coopératif, inclusif et anticipateur, il incarne le Dg aux soins de ses potaches et sa partition renseigne de ses fortes projections pour son nouveau challenge. De la connexion des pavillons pour minimiser la fracture numérique et placer l’Ucad au niveau des standards mondiaux à la dotation, par une société d’Etat, de commodités fonctionnelles au profit des étudiants, le projet du nouveau directeur du Coud met l’Etudiant au centre des intérêts. Face à la communauté estudiantine, pour sa prise de fonction, son verbe alerte et sans ambigüités n’est pas tombé dans l’oreille de sourds. « Nous ne sommes pas venus avec la cravache, nous sommes venus, pour ensemble améliorer vos conditions de vie. C’est avec vous que nous renforcerons la politique de qualité, imposée par le directeur sortant. Je convoite de Dieu que les étudiants m’accompagnent, qu’il y ait moins d’intifada, que nous puissions construire ensemble ce que nous voulons », a indiqué aux pensionnaires de l’Ucad, le successeur de Cheikh Oumar Anne. Soumis au révélateur du Temple du savoir, en voilà un profil émergent qui a tapé dans l’œil expert de Kritik et qui sera jugé à l’aune de ses examens de Fac.

El Samba Thiam (Kritik)

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