Skip to Content

Heurts à Gaza : La communauté internationale craint une escalade de la violence

Heurts à Gaza : La communauté internationale craint une escalade de la violence

Be First!
by mai 14, 2018 A la une, International

Si Israël et les Etats-Unis se réjouissent du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, de nombreuses chancelleries s’inquiètent face à la répression sanglante des manifestations palestiniennes dans la bande de Gaza ce lundi. Les tirs des soldats israéliens auraient fait au moins 52 morts selon le dernier bilan. Il y aurait également plus de 2000 blessés, par balle et par des gaz lacrymogènes. La France appelle à prévenir un « nouvel embrasement » au Proche-Orient.

Le gouvernement palestinien basé en Cisjordanie occupée a accusé Israël de commettre un « horrible massacre ». Le président de l’Autorité palestinienne a décrété trois jours de deuil national et que les manifestations allaient se poursuivre. « Notre peuple n’abandonnera pas sa lutte pacifique » a promis Mahmoud Abbas, qui a également mis en cause le rôle des Etats-Unis. « Les Etats-Unis ne sont plus un médiateur au Moyen-Orient », a-t-il déclaré à Ramallah, qualifiant l’ambassade américaine de « nouveau poste avancé de la colonisation ».

« Nous condamnons dans les termes les plus forts ces atrocités par les forces israéliennes d’occupation », a dénoncé Riyad Mansour, l’ambassadeur palestinien à l’ONU, devant les journalistes. « Si ce qui est en train de se passer en Palestine se déroulait dans n’importe quel autre pays, l’indignation serait énorme et il y aurait une action du Conseil de sécurité », a estimé le diplomate, qui a demandé au Conseil « de prendre ses responsabilités pour mettre terme à ce massacre contre notre population et traduire en justice les responsables. »

Il y a deux responsables pour ces morts civils palestiniens : l’occupation israélienne, qui devient de plus en plus criminelle. Et ceux qui entretiennent l’impunité d’Israël et qui l’encouragent. Cela n’aurait pas été possible de voir des manifestants pacifiques se faire tirer dessus de cette manière si Israël ne savait pas auparavant qu’elle n’aurait pas à payer le prix pour de tels crimes.

De son côté, Benyamin Netanyahu a justifié l’usage de la force par la défense des frontières. « Tout pays a l’obligation de défendre son territoire », a écrit le Premier ministre israélien sur son compte Twitter, expliquant que « l’organisation terroriste Hamas proclame vouloir détruire Israël et envoie à cette fin des milliers de personnes pour ouvrir une brèche dans la clôture de sécurité. Nous continuerons d’agir avec détermination pour protéger notre souveraineté et nos citoyens. »

« Parmi ces manifestants se trouvent beaucoup de membres du Hamas, estime Emmanuel Nashon, le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, dont le but est d’entrer en Israël pour y commettre des actes de violences». Le diplomate affirme que les forces de sécurité israéliennes essayent « de cibler ces terroristes du Hamas, mais il faut savoir qu’ils se cachent parmi une population qui est incitée à la violence depuis très longtemps contre Israël et qu’ils essaient (…) de pénétrer par force, de détruire les frontières. »

Il faut clarifier qu’il n’y a aucune corrélation entre l’ouverture de l’ambassade américaine et les violences que nous voyons dans la bande de Gaza. Ces violences avaient été préparées depuis fort longtemps par le Hamas, qui manipule et utilise la population palestinienne. Leur seul but est d’essayer de pénétrer la frontière israélienne pour commettre en Israël des actes de violences.

L’Occident appelle à la « retenue »

La France « condamne les violences » et l’Elysée prévient qu’Emmanuel Macron s’entretiendra bientôt avec les acteurs de la région. Paris demande par ailleurs qu’Israël fasse preuve de « discernement et de retenue » dans l’usage de la force. Le Quai d’Orsay rappelle le devoir de protection des civils et le droit des Palestiniens à « manifester pacifiquement », mettant en garde contre un « nouvel embrasement ».

Federica Mogherini, la chef de la diplomatie européenne, a exhorté toutes les parties à « la plus grande retenue ». Le gouvernement britannique a lui aussi appelé au « calme » et à la « retenue ». Alistair Burt, le secrétaire d’État britannique au Proche-Orient et à l’Afrique du Nord, a quant à lui réclamé de « la retenue dans le recours à des balles réelles » sur Twitter.

Un comité de l’ONU chargé de lutter contre le racisme a appelé l’Etat hébreu à cesser « immédiatement » de faire un usage « disproportionné » de la force contre les manifestants palestiniens. Amnesty International a dénoncé de son côté une « violation abjecte » des droits de l’homme.

La Turquie et la Syrie parlent d’un « massacre »

Côté turc, le porte-parole du gouvernement parle de « massacre » à Gaza et estime que les Etats-Unis sont « co-responsables » de cette escalade. « En transférant son ambassade à Jérusalem, l’administration américaine, dit-il, a sapé les chances d’un règlement pacifique et provoqué un incendie dans la région ».

Les autorités de Damas ont également accusé Israël de perpétrer un « massacre brutal ». « La Syrie condamne (…) le massacre brutal perpétré par l’occupation israélienne contre les civils palestiniens non armés », a indiqué une source au ministère des Affaires étrangères, citée par l’agence officielle Sana. Le Koweït a demandé une réunion d’urgence mardi du Conseil de sécurité de l’ONU.

RFI

Previous
Next

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*