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MAME ABDOU AZIZ SY DABAKH, 22 ANS APRES SA DISPARITION: L’absent le plus présent

MAME ABDOU AZIZ SY DABAKH, 22 ANS APRES SA DISPARITION: L’absent le plus présent

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by septembre 16, 2019 A la une, Société

« Dabakh » fait l’unanimité. Aucun sens interdit dans les confréries réunies au Sénégal et dans l’église. Un pacifique, le vivifiant est plus présent que jamais. A chaque évènement qui risque de faire basculer le pays dans le chaos, ses appels à « l’unité et l’apaisement des cœurs » sont diffusés à travers les médias. Abdou Aziz Sy est « l’incarnation de la paix », « un régulateur social », « un océan », « il ne faisait jamais attention aux croyances d’une personne, c’est la valeur de l’homme qui l’intéressait », « il nous manque énormément » et quoi encore … ? Autant de qualificatifs à l’encontre de Mame Abdou Sy Dabakh, le multidimensionnel. 22 ans après sa disparition, les Sénégalais pleurent toujours « un homme de sagesse. Un homme de Dieu accompli et intellectuel émérite ».

« Nul n’est jamais prophète chez soi », à l’exception de Mame Abdou Aziz Sy Dabakh. Et les témoignages recueillis sur l’homme le prouvent à suffisance14 septembre 1997, 14 septembre 2019. Voilà 22 ans que Mame Abdou Aziz Sy Dabakh a quitté ce bas monde laissant derrière lui un « vide » chez les sénégalais, toutes religions confondues. Pour écrire sur l’homme, une encyclopédie ne suffirait pas. « Dabakh c’est l’océan » déclare Momar Cissé. Poursuivant, il raconte : « J’étais un enfant en ce temps-là, j’habitais non loin de la maison de Mame Abdou. Dans celle-ci on voyait toujours des gens à ses côtés, Certains se mettaient à droite d’autres à gauche. Ceux qui étaient à droite c’est des visiteurs et ceux qui étaient à gauche, des demandeurs d’aide. Alors quand un visiteur donnait de l’argent à Mame Abdou, celui-ci appelais un demandeur d’aide, suivant le rang, pour lui donner l’argent sans même compter. Et cela dans la plus grande discrétion. Il a une fois donné 4 000 000 F CFA à un homme qui n’avait qu’un problème de 150 000 F CFA. Après le décès de Dabakh, l’homme est venu à la radio pour faire ce témoignage en disant aussi que grâce à ces 4 000 000 F CFA, il a acheté deux taxis et aujourd’hui il a plus de dix-huit taxis. Et l’homme organise chaque année une ziarra pour Mame Abdou. Je m’étais juré qu’une fois grand j’allais être son disciple mais malheureusement il est parti avant que je sois responsable de ma vie ». Inssa Fall, la cinquantaine connait aussi Dabakh. « Je me rappelle que Bill Clinton avait rencontré Mame Abdou au Maroc. Et depuis lors l’homme politique n’avait qu’un seul souhait, celui de visiter le Sénégal. Mais malheureusement avant l’arrivée de Bill, Dabakh était déjà parti. Et depuis qu’il est parti y a plus de rappel à l’ordre. Dabakh avait ce don de Dieu, tout le monde l’aimait et l’écoutait. Quand les étudiants à l’époque étaient fâchés, Mame Abdou avait l’habitude de les convoquer afin de les dissuader. Et il réussissait toujours. En période d’hivernage, il disait aux gens de faire des sacrifices de fait qu’on remarquait moins de dégâts. Et les gens lui font acte d’allégeance sans même se poser des questions. Il nous manque énormément ». On dirait que chaque Sénégalais à quelque chose à dire sur Dabakh. Le vieux Pape Sy jette  lui aussi ses grains de sel dans la marmite : « Mame Abdou ne faisait guère attention à la confrérie de l’homme, c’est l’être humain tout court qui l’intéressait. Tout le monde reconnaissait sa générosité. Demandez aux catholiques ! Demandez aux musulmans ! Demandez aux mourides ! Demandez même aux palestiniens qui était Dabakh ! » Essaye de convaincre le vieux Pape Sy. Et de renchérir : « tout le monde regrette de ne pas le connaitre durant son vivant. Que de fois Dabakh avait ranimé des couples divorcés. Que de fois il a aidé des gens à sortir de prison. Que de fois il a aidé les pauvres. Il faisait tout dans la plus grande discrétion, tel une tombe ». A la question que connaissez-vous de Dabakh, Malick Ndiaye répond : « Ce que tous les sénégalais savant de lui rekk. Sa bonté, sa générosité comme son nom Dabakh l’indique. » Et d’ajouter « Il était quelqu’un qui incarnait le ‘foulla’ et le ‘fayda’ ». Mame Koudoye, une mère de famille qui ne rate jamais le Gamou de Tivaoune. Elle dit « Durant son vivant, les gens avait peur de faire certaines choses. Mais maintenant, vous ne me laisserez mentir, chacun fait ce qu’il veut et c’est regrettable » et elle explique : « parce que Mame Abdou était un régulateur social, l’ami des femmes et des enfants ». Ethiene Mbengue, homme de l’église déclare « Mame Abdou a été formidable toute sa vie durant. »  

Amadou Dia

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