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Tropicasem fourgue des semences de mauvaise qualité aux producteurs d’oignons de la Vallée : Des pertes estimées à plus d’un milliard F Cfa

Tropicasem fourgue des semences de mauvaise qualité aux producteurs d’oignons de la Vallée : Des pertes estimées à plus d’un milliard F Cfa

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by avril 12, 2019 A la une, Economie

Le 31 mars dernier, les Sections du Forum Civil du Bassin arachidier, réunies à Kaffrine pour échanger sur le processus de réception et de distribution de semences, d’intrants et de matériels agricoles au Sénégal, avaient sorti une déclaration pour s’indigner de « la qualité souvent douteuse des semences, des quantités de semences inférieures aux besoins exprimés. » Et tutti quanti !

Dix jours après, les faits semblent leur donner entièrement raison avec ce qu’il convient de qualifier de scandale des semences d’oignons de la Vallée. En effet, dans la Walo, les producteurs d’oignons qui avaient jeté leur dévolu sur la variété de semences appelée ‘’Belami » – qui a donné d’excellentes récoltes lors de la précédente campagne – ne savent plus où donner de la tête.  

Pour cause, au bout de trois mois, les producteurs ont constaté que les bulbes (une tige souterraine verticale résultant d’une tubérisation), au lieu de donner des oignons à terme, se sont transformés en jumeaux ou en triplé (Voir photo). C’est-à-dire des oignons à la taille minuscule que les producteurs ne peuvent en aucun cas commercialiser.

Selon des sources de Kritik, pour l’instant, plus de 150 hectares sont touchées dans les axes suivants : Ross Béthio-Saint-Louis ; Delta dans la zone de Mboudome et Ronkh ; Richard Toll-Bokhol ; Takk Gagne. Plus précisément dans les zones de Ndiaye Beress, Dioungou Beress, Savoigne, Ndellé, Diagambal, Pont Gendarme, Mbodiène etc. Et, d’après les premières estimations, les pertes s’évaluent à plus d’un milliard F Cfa car chaque hectare d’oignons rapporte entre 6 et 7 millions F Cfa.

Un scandale pris très au sérieux par l’Interprofessionnelle oignons du Sénégal (Ipos), regroupant l’Association des producteurs d’oignons du bas Delta (Aprobad) et l’Association des producteurs d’oignons de la Vallée (Apov), qui a déjà alerté l’Etat, par le canal du Sous-Préfet de Ndiaye, les techniciens de la Saed et Tropicasem.

Avant d’organiser une tournée départementale pour constater de visu les dégâts de cette variété de semence. Toutefois, rapportent nos interlocuteurs, Tropicasem n’a pas jugé nécessaire d’y prendre part. Se contentant tout simplement d’envoyer par la suite un expert pour prélever des échantillons.

Joint au téléphone par Kritik, Malick Guèye, le Secrétaire général de l’Aprobad confirme les faits non sans préciser que toutes les semences incriminées proviennent du magasin de Tropicasem. « S’il y a une ruée vers cette variété nommée ‘’Belami’’, c’est qu’elle est très rentable. Malheureusement, le poids faible des oignons rend impossible la commercialisation », détaille M. Guèye.

Avant d’ajouter : « Les producteurs ont contracté des dettes dans des banques de la place donc, nous n’épargnons aucune voie de recours. » A la question de savoir pourquoi les producteurs ne se tournent vers leurs Assureurs, il répond : « Même pour ceux qui ont des assurances, ce volet n’est pas pris en charge ».

« Il semble que cette année certaines récoltes ne soient pas à la hauteur… », reconnaît le Groupe Novalliance

« Distributeur exclusif du groupe Novalliance et principalement des marques Technisem, Tropica, Jardinova et Jarditropic en Afrique », Tropicasem fait la sourde oreille. Tout le contraire du groupe Novalliance. Du côté de Tropicasem dont la direction est basée à Dakar, la question n’est pas une priorité. En tout cas pas pour le moment. En effet, jointe au téléphone, la responsable de la Cellule de Communication de Tropicasem a indiqué qu’elle ne peut pas, pour l’instant, se prononcer sur la question. « Je ne peux pas vous en dire plus, seul le Directeur peut vous en parler. Laisser votre numéro, nous vous rappellerons en fonction de sa disponibilité », argumente la dame au bout du fil.

24 heures après, c’est toujours silence radio. Alors Kririk s’est tourné vers la Chargé de communication de Novalliance, basée à Paris. Quelques minutes plus tard, nous recevons un message programmé sur lequel il est écrit : « Merci pour votre e-mail. Je suis en congé maternité jusqu’au 11 juin 2019. Si vous avez besoin, vous pouvez contacter ma collègue Mélanie CHICHERY (Directrice Marketing) ». Sans tarder, nous avons joint Madame Chichery qui, contrairement à Tropicasem, a fait preuve de promptitude.

« J’ai pris connaissance ce matin de votre email relatant la situation des cultures actuelles de BELAMI au Sénégal… Toutefois, soyez rassuré, Technisem (un démembrement de Novalliance) est pleinement conscient de la situation et a confiance en TROPICASEM et en son équipe pour encadrer la situation et les producteurs. Technisem commercialise depuis des années une gamme d’oignons variée et performante, qui permet, à chaque producteur, de cultiver la variété la plus adaptée à ses besoins », écrit Mélanie Chichery.

Concernant l’objet de notre interpellation sur la qualité des semences, elle dira : « L’oignon BELAMI fait partie de notre gamme et est commercialisé, avec succès, depuis plus de 10 ans. Cette variété est particulièrement sélectionnée pour l’Afrique de l’ouest et du centre et propose une adaptation spécifique, en tant qu’oignon de jours courts stricts tropicaux, à la culture en saison sèche au Sénégal ».

Avant d’avouer : « Il semble en effet que cette année certaines récoltes ne soient pas à la hauteur de ce que les producteurs ont l’habitude d’avoir. L’agriculture n’est pas une science exacte et est liée à de nombreux critères agro climatiques que l’homme ne peut maitriser. Les équipes de terrain de TROPICASEM sont donc en train de creuser ce sujet pour tenter d’identifier quelles sont les conditions qui auraient pu favoriser l’apparition de double cœur au sein de ses productions. Je ne peux donc pas imaginer qu’ils aient refusé de se rendre sur le terrain afin de prendre connaissance de la situation et échanger avec les producteurs concernés. » Quoi qu’il en soit, les producteurs attendent de Tropicasem qu’elle reconnaisse ses manquements. En d’autres termes, qu’elle dédommage les producteurs concernés par ces mauvaises semences.

PAPE SARR (JOURNAL KRITIK)

 

 

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