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Un discours, des mensonger, des omissions

Un discours, des mensonger, des omissions

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by janvier 2, 2019 A la une, Opinion

 NETTALI.SN –  

  1. Macky Sall fait un blocage ou une fixation sur Wade :

Après sept longues années au pouvoir, Macky Sall, parlant de la fourniture de l’électricité en 2011, est revenu ce 31/12/18 nous rappeler « la situation catastrophique » (sic) que son prédécesseur lui aurait léguée.

Il faut d’abord remarquer que cette manie à toujours retourner en 2011 est symptomatique d’une gouvernance fondée sur la diabolisation de ses adversaires à la place d’une application ordonnée d’une vision claire. Or les faits sont totalement opposés aux allégations du Président, car la situation de 2011 n’était plus la même en 2012 : il y avait une nette amélioration. D’ailleurs Macky fait partie de ceux qui avaient clairement affirmé que cette amélioration était motivée par l’approche des élections ! Pourquoi Macky a-t-il besoin de sauter 2012 et de remonter jusqu’aux émeutes de l’électricité de 2011 si ce n’est pour mystifier son peuple ?

Ensuite Macky Sall justifie la mainmise des entreprises françaises sur notre économie par la qualité et la sécurité de la coopération française. En guise d’exemple, il rappelle son voyage en France (entre les deux tours de la présidentielle française) pour solliciter un appui budgétaire sans lequel il aurait du mal à payer les salaire. C’est archifaux ! Macky Sall ne peut pas ignorer qu’il y avait d’autres mécanismes pour avoir localement plus de 75 milliards même si l’on ne tient pas compte des possibilités offertes par la loi sur les appels entrants qu’il a avait royalement ignorée.

  1. Sur la dette et le Groupe consultatif de Paris, Macky Sall prétend que les bailleurs de fonds et les partenaires au développement nous ont fait confiance parce que notre pays est crédible. Il est même allé jusqu’à réfuter l’argument de la découverte de pétrole et de gaz avancé par les Sénégalais pour expliquer cette confiance. Il prétend que la dette concerne des projets de 2019/2020 alors que l’exploitation des ressources énergétiques est prévue pour 2024-2025. Ce que Macky Sall sait et qu’il occulte, c’est que la dette est très souvent rééchelonnée et que les bailleurs font toutes les projections avant de s’engager. Ils savent exactement comment s’y prendre si la dette n’est pas payée à date échue pour fructifier leurs gains. Ce que Macky cache aux Sénégalais, c’est que la dette risque de servir à payer la dette. Remarquons que dans sa mise à jour du 26 novembre 2018, la banque mondiale avait crédité le Sénégal d’un endettement devenu problématique :

 « La dette publique a continué d’augmenter, bien qu’à un rythme plus faible, et a atteint 60,8 % du PIB en 2017. Quant au service de la dette, il est passé de 24 à 30 % des recettes publiques entre 2014 et 2017. Pour autant, le risque de surendettement reste faible selon la dernière analyse de soutenabilité de la dette du FMI et de la Banque mondiale — cette évaluation pourrait toutefois être revue en cas d’aggravation des indicateurs concernés. La dette extérieure aurait atteint 62 % du PIB en 2017 selon les estimations, tandis que le déficit de la balance courante s’est creusé, passant de 5,4 % du PIB en 2016 à 7,9 % en 2017, en raison d’une hausse des importations de pétrole et de biens d’équipement plus rapide que celle des exportations. ».

Entre les chiffres donnés par Macky Sall hier soir et ceux de la BM, il y a une très grande différence. Et au cas où les chiffres de Macky seraient les bons, il y a lieu de s’inquiéter de la qualité des informations fournies à la BM par les services de l’État. Dans tous les cas, la rhétorique des chiffres est comme une poupée en élastique, on peut la manipuler dans tous les sens.

  1. Le plus décevant, c’est que les problèmes auxquels les Sénégalais sont présentement confrontés sont omis dans son discours : l’impasse démocratique dans laquelle il nous a mis (avec sa loi loufoque sur le parrainage) l’absence de financement de la campagne agricole (les récoltes d’arachides sont en train d’être bradées par les paysans malgré la menace des forces de l’ordre) le lancinant problème de la justice dans le traitement salarial, la dette des hôpitaux publics due à une mauvaise gestion de ses mesures prétendument sociales, etc.

Alassane K. KITANE

Professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès

Président du Mouvement citoyen LABEL-Sénégal

 

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